Crash test

Publié le par Olaf Boldeche et Bo

Deuxième refrain de Mary P., la sueur qui coule sur mes yeux et les habits qui collent sur ma peau, habits-peau, et comme d'habitude je n'peux réprimer un sourire. Je sais c'qui va arriver. D'autres dans la salle qui viennent régulièrement le savent aussi. On partage ce secret pendant encore une poignée de secondes. On sait. Ce qui va arriver. Ce qui va arriver, c'est que bientôt, éventuellement, un accident . On se réjouit du danger à venir. On éspère bien que Senna va rater son virage, que Challenger va exploser. Ce qui se passe, à ce moment du show, au dernier morceau, c'est que je suis enfin prêt à laisser les choses arriver, ne plus controler , être brillant ou grotesque. Le renoncement. D'abord on installe, on met la table, on décore : la musique devient martiale, répétitive, la condition pour installer une petite transe en plastique. Quelques notes de solo, à peu près toujours les mêmes pour me rassurer que je sais encore à peu près c'que je fais. Puis après , en général, l'accident arrive. Attention, le plus dur est de ne pas le provoquer pour pas qu'il ne devienne trop convenu ou trop maîtrisé, il s'agit pas d'éteindre les phares en pleine nuit dans la forêt, trop facile, par contre si un cerf se plante au milieu de la route, on accélère, histoire de sentir vraiment le poids du corps animal qui s'écrase sur le pare-choc, sentir les moindres os craquer , apprécier le pare-brise qui s'éclate et forcer le temps à se distordre encore un peu , quitte à devenir un ralenti à la limite de l'immobilisme. Et pendant ces quelques millièmes de secondes où je renonce à tout et que la musique devient le pilote, je sais, je sais que c'est pour ça que j'aime depuis peu la scène. La plupart du temps, ça n'se voit pas d'ailleurs, ça se sent. Les yeux ne cherchent plus à se fixer sur quoi que ce soit, les doigts échappent aux mains, le corps dans son entier n'obéit à personne d'autre qu'aux pulsations sub-atomiques de chaque coups assénés par Mr Dupont, chaque noires martelées par le docteur, chaque sample aléatoire balancés par la mule. Une fraction de seconde où j'n'existe plus et pourtant, j'n'ai jamais été à ce point là et maintenant. Là et maintenant. Là et maintenant.

Publié dans Bo n'a rien à dire

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Mademoiselle Faitdesbriques retire ses moufles 21/05/2008 11:10

Heu...Petite erreur de manip!C'est moi qui dis"Chapeau BAS".

Olaf Boldeche 21/05/2008 11:08

Chapeau BAS!