Tas d'chair

Publié le par Bo

Jouer au milieu d'un hippodrome, c'est mon dada. Il a fait beau , c'était grand et une vague odeur de sable chaud trainait dans l'air sec de ce vendredi de juillet où j'avais envie de promettre à n'importe quel inconnu croisé , que je serai son meilleur ami pour la vie en échange d'une carte bancaire à crédit illimité. Notre loge ,ou plutôt notre tente était sise en face de celle de Mikki Green que j'ai pu observer fumer de la drogue en m'imaginant qu'un ailleurs était possible. Une vie où de blondes hotesses de l'air me donneraient la féssée pendant que je regarderai une rediffusion du grand bleu. Rose n'était pas loin et je me figurais entourée de princesses de Judée qui me liraient du Kant en tenue d'Eva Langoria. Nous avons été conduit en navettes spacieuses jusqu'à la scène où nous avons livré un show expeditif tout en énergie et en frustration joyeuse. J'ai déambulé le nez à l'air, en regardant des gens sauter de très haut en couple avec une sorte d'élastique au bout des jambes. Je me suis demandé mille fois, comment on se faisait des dread-locks et si la libération d'Ingrid Bettancourt n'était en fait pas une pub bon marché pour le déodorant. J'ai flotté en buvant un smoothie banane. tout était limpide , triste et fabuleux. Ces humains réunis me donnait envie d'organiser des corridas et de faire l'amour avec un walk-man. J'étais bien.J'étais là. J'étais ailleurs. J'n'étais rien. En une fraction de secondes qui m'avaient échappés depuis longtemps, je me suis retrouvé devant le micro d'une radio nova pour jouer Yokohama en accoustique. J'étais très bon. J'étais ailleurs. J'étais au Danemark et mon grand-père me jouait du piano pendant que ma grand-mère me servait du café. C'était d'ailleurs son anniversaire ce 4 juillet, si tant est que les anniversaires existent encore après la mort. Tillykke Mormor, jeg elsker deg. J'étais le chef d'orchestre de 5000 automates qui éxecutaient le sublime avec la précision d'une montre Jonger et Bresson. J'étais tout ce joli monde qui faisait semblant d'être heureux. J'étais faux, comme toujours. Avec joie. J'étais ailleurs. J'étais samedi, la fois où j'ai vu mourir en rêve les gens que j'aimais. J'étais les jambes d'une femme, épilées de près le matin même. Je m'agitais pour lui faire avoir son métro. Je suais avec déléctation et je me sentais vivant même sous ces ridicules collants roses dont elle m'a recouvert pour se donner l'illusion que le revival 80 était la chose la plus moderne. J'étais les cheveux de Robert Smith , fiers de contribuer à son oeuvre de vague froide qui faisait frémir les gens au sang chaud qui hurlaient " tuer un arabe" avec une pointe de satisfaction un peu inquiétante. J'étais ailleurs. Je serai toujours ailleurs, parceque là ne m'a jamais intérréssé. Je serai vous dans peu de temps si vous ne prenez pas garde.

Publié dans Bo n'a rien à dire

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