450 !

Publié le par Olaf Boldeche

Briefing post orléanesque pour l’équipe marketing et le département vente. Les derniers chiffres sont tombés, pas de bien haut, on pourrait même dire qu’on frôle le décollage raté. 450 albums vendus. C’est pas demain qu’on ira faire la nique aux ricains. Les gars se font drôlement engueuler, je suis un adepte du management autoritaire. Ils ferment bien leurs clapets et tentent de se cacher derrière leurs cravates. Je leur parle solution radicale , changement de mentalité, nouvelles résolutions. Ils regardent ailleurs ou leurs tasses de café. Ca m’énerve un peu, je suis entouré d’incapables. Je somme un petit rouquin de m’imaginer une nouvelle campagne promo, il me regarde sans me voir, je suis transparent ou quoi ? Je jette un coup d’œil à mon nombril, tout va bien, je suis pas encore devenu l’homme invisible mais j’ai peine à empêcher Mister Hyde de faire des siennes. Self-control comme on dit aux States… Je respire un grand coup, j’avise Machin qui fait le fier avec son iroquoise has been, je lui explique qu’il faut un nouveau concept, des costards à paillettes, des nichons à l’air, des scandales, Bo dans Voici, n’importe quoi ! Il hausse les épaules, il n’a rien contre les meufs à poil et il retourne à son canard. J’enrage, je vais exploser, je hurle que tout le monde est viré. Silence… Un à un, ils relèvent la tête vers moi et me fixent l’air de pas trop y croire. J’en remets une couche, tous à la porte, bandes d’incapables. Pour faire bonne mesure je rajoute loosers et tas de merdes.. Pas un ne pipe mot, ils ont les jambes sciées, l’émotion sans doute. Ils doivent penser à leurs femmes, leurs enfants et se demander comment ils vont échapper à la spirale infernale du chômage et la galère de la rue. Je jubile, je suis un manager à poigne avec le sens des affaires. Je dis qu’ils ont 5 minutes pour vider leurs bureaux et disparaître de ma vue. J’ajoute enculés, histoire d’être vraiment clair.Finalement le tenancier du bar me dit d’arrêter d’emmerder les clients, je casse les burnes à tout le monde depuis 3 plombes, les gens sont là pour boire un coup, pas pour supporter mes aigreurs. Il m’attrape par la capuche et me vire du troquet… Salaud ! ! J’envisage un instant de pisser sur la vitrine mais il fait froid alors je me drape dans ma superbe, c’est pratique avec mon Carrhat. Rien à droite, rien à gauche, je traverse la rue, classe et décontracté, destination le café d’en face. Le staff promo m’y attend. Ils perdent rien pour attendre, ces grosses feignasses..
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