pom pom pom pom
Vendredi, 19h00 chez Alex ( le réal'), une partie des protagonistes du clip de pom-pom girls arrivent : les 5 actrices-models, une maquilleuse, Duncan qui sera ingé-son-play-back et la chorégraphe. Arrivée à la patinoire de Colombes à 20h00 (" non monsieur le vigile, je n'vais pas à la Bodéga").Sur place, du matos à perte de vue, 2 techniciens lumière, une autre maquilleuse, 2 régisseurs, un coiffeur et ses 2 assistants , un chef-op' + mon Frédo qui va shooter la soirée. C'est Hollywood et l'angoisse me saisit : Sont-ils au courant que ce projet n'est pas chez Universal, que je n'suis pas Michal ou Nolwenn ? Alex me confirmera que si il fait ça , c'est qu'il y croit et que ça va déchirer sa mère. A ce moment, les sarcasmes de mon manager chéri s'envolent et je me vois en haut de l'affiche avec un M vieillissant qui me supplie de faire ma première partie.( oui, passkeu c'est quand mâme pas pour tout de suite).
A partir de là, je comprends que tout le monde attend de moi d'être funky, en forme pour que ça pète à l'image ( Alex évoque Robby Williams), alors je me métamorphose en vanne-non-stop-j'maîtrise-trop man, le super héro surexcité. C'était obligatoire pour endormir déprim'-cynique-man qui aurait plombé l'ambiance. Après être passé à la moulinette du coiffage et du maquillage qui me retirent 10 ans et autant d'années d'alcool et de tabac, j'enfile mon gris de travail pour les premières séquences dans le vestiaire. A partir de là tout va plus ou moins vite (entre chaque séquence, mise en place des lights) (très important les lights pour l'image). Je me retrouve sur un banc à mater une mini-télé sur laquelle est censée se jouer un match de hockey (j'invoque l'esprit de l'actor studio pour remplacer la neige qui remplit l'écran par les gladiateurs sur glace). J'essaye de retenir le prénom de tout le monde histoire de pas m'la jouer star à 10 balles et je comprends alors pourquoi tout le monde s'appellent coco dans le milieu. Tout se déroule bien et entre chaque prise, coiffeur et maquilleuse me cajolent pour éviter que ma vraie gueule ne refasse surface. Une pensée me traverse l'esprit : je me regarde en train de me regarder. Je chasse vite cette mise en abîme qui m'angoisse (l'angoisse est la kryptonite de super-vanne man).
Les filles arrivent pour la séquence : on passe devant le mec sans le calculer. Constat : elles le font grave. Séquence d'après : j'enfile mon costard Agnès-B (pour Bo) et deviens le chanteur de charme. Cette fois les donzelles me calculent et s'en suit un pelotage de la star. 5 meufs autour de moi en train de me déshabiller et ma libido reste à moins 12 sur l'échelle de Dorcel. (le boulot, c'est le boulot). Vers 4-5 heures, plan patinoire, on s'les gèle (surtout les filles en minijupes) et c'est très dur de danser sur la glace, mais ça semble continuer à le faire. 6h30 : dernier plan dans les douches. Je suis accroupi pendant que les filles font leur toilette en s'aspergeant de flotte. Machine à fumée pour ambiance vapeur d'eau et crampe dans mes mollets de flamand rose. 7h30, c'est fini, on tente des applaudissements à l'américaine mais la fatigue les transforme en claps-claps mous qui me rappellent certains concerts. Je remercie chaleureusement toute l'équipe et suis à la maison à 8h30.
La bête est encore fraîche alors je l'apaise avec une bière et un Xanax et à 9h00, je m'endors le sourire aux lèvres. Je comprends que depuis le début de l'aventure-Bo, Cynique-man n'a jamais réussi à me rendre insensible aux énergies positives qui se greffaient autour des petites ritournelles que je concocte sur mon computer. Pour ça, je remercie du fond du coeur tout ceux qui me confirment que d'une idée naissent des rencontres. (mes remerciements incluent bien sûr toute l'équipe du clip mais aussi, le manager barbu, les musiciens habiles et tous les intervenants, ainsi que ma mère sans qui je n'aurai jamais connu le Yoplait).
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