Super Classe à La Plage

Publié le par Olaf Boldeche

Le concert à la Plage le 12 juin 2003 représente un moment à part parmi tous les concerts de Bo. Il figure le summum de ce qu’il ne faut pas faire, le point de non-retour dans le n’importe quoi. Imaginez vous, un bar dans le 12e, un peu branché mais pas trop, un peu moche mais pas trop, un peu de monde mais pas trop. Le lieu accueille plutôt des soirées Brasil, type " calor et farniente ". On sert charcuterie et tapas. Bo semble un peu le cheveu dans la soupe, mais ce n’est que le 7e concert et les programmateurs ne se bousculent pas pour faire jouer les Boboys. Le public arrive au compte-goutte pour se tasser dans une cave voûtée. Petit à petit l’ambiance monte, on atteint des sommets calorifiques, il y a environ 15 personnes, que des gens que je ne connais pas à part De Gruut, Guillaume, Eric, Babette, Anna, Thomas, Sophie, Oliche et ses 3 potes. Vers 22h, le show commence. C’est le début du grand n’importe quoi. Sur scène, Bo le chantre du bon goût, porte T-Shirt informe et pantalon rayé, Dr Vince ose le T-Shirt manches longues H& M, lepetitfakir dénote en costard VRP et monsieur Dupont s’éclate en chemisette Guerrisold. C’est chic, c’est frais, c’est jeune, c’est portnawak. Plus tard le public médusé assiste à la naissance du concept de gaudriole, adapté à la sauce boesque. Les gens sont venus écouter de la musique et Bo, pas radin sur le coup, nous l’entrelarde de sketchs et de vannes foireuses sur les chiens, les enfants et les putes. Je le sens hyper tendu, super mal à l’aise. Ca vire au comique troupier, lepetitfakir surjoue à fond les ballons, on dirait De Funès. Dr Vince grimace, fait l’andouille et pelote furieusement les fesses de Bo. Monsieur Dupont rame, coincé derrière sa batterie. C’est pénible pour tout le monde et moi je suis littéralement écroulé de rire même si j’ai un peu honte. J’assure à tout le monde que je suis là par hasard en buvant ma bière d’un air détaché. Je tente mon coup favori pour terminer la soirée : je m’accoude au bar. Après le concert c’est le grand débriefing. On parle d’assumer la musique, d’arrêter de ce concept débile de gaudriole, de se renier à cause du public, de mettre des costumes façons Liverpool, de manger des sandwichs et de regarder l’intégrale de Dieudonné en DVD. On prend des grandes résolutions. Plus rien ne sera comme avant, c’est bien la dernière fois qu’on nous y prend, maintenant fini de rire : Bo sera cold et classe. Tout le monde va s’acheter des costumes-cravates, des attachés-cases et des stock-options. Total look yuppie, ça fait plus sérieux. L’avenir nous donnera raison. Le 18 septembre 2003, Mister Roberts assistera à un concert de Bo, version new-look. Impressionné par son business plan il finira par lui proposer de signer un contrat avec Spozzle.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article