Concert à la Scène Bastille : live report direct from the billetterie
Le Russe m'accueille les yeux humides et la lippe luisante. Il annone trop de monde, putain, annonce caillasse à mort et me refile illico le carnet à souche, accompagné de la liste des VIP invités. Que du beau monde : Libé, M6, VSD, Elle, Télérama... Il me sèche brutalement, seuls les noms barrés sont effectivement dans la salle. Ceux que je peux encore lire, comme d'hab', ils viendront pas ou tard, histoire de se faire désirer. Et comme il connait son personnel, il me colle une bière dans les pattes, du coup, on m'entend plus.
Le verre asséché, j'attends vainement le chaland en mal de sensation. Traîner ses guêtres à Bastille un lundi soir, faut être au minimum dépressif, à tout le moins suffisamment solitaire pour ne pas avoir même un voisin avec qui boire l'apéro, voire un vague collège de travail à coller au bar.
Mister Roberts doit faire partie de ceux là, il arrive bon dernier. Pour se faire pardonner; il me donne le tout nouveau cd de Cold Shoulder, la 2e prod de Pop Muzzak. Waouh ! Deux CDs ! Mate le label ! Dans six mois j'mange Naïve, dans dix j'coule Virgin et pour Noël 2008, j'rachete tout le catalogue Universal.
Assister à un concert depuis la billetterie de la Scène, c'est comme être assis à coté d'un aficionado de l'Ipod dans l'métro. Que de l'aigu et du bas médium. On s'ennuie vite. J'fais des pyramides avec les skeuds à Bo et vérifie que ma bière est bien vide.
Et puis je crois entendre la voix du fakir comme si elle sortait des toilettes. Elle vient en fait de la prise d'aération qui me sert de HP. Dada Klub. Portnawak. J'ai du confondre avec la chasse d'eau des chiottes next door.
Après le concert, le public m'ignore en partant. J'réussi tout de même à caser 6 CDs. Mate le plan marketing en action. Pour fêter ça, j'crois que je vais aller m'accouder au bar.
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