La Flèche d'Or : appelle moi Grand Master Connard
Samedi 14 janvier, reprise des hostilités. Je suis à peine en retard, une petite demi-heure, mais kesse ça peut foutre, j'suis pas zicos, les gars peuvent bien commencer la balance sans moi. Evidemment, à peine la porte de la Flèche d'Or passée, je les repère illico au bar. J'peux pas les engueuler, la scène est encombrée par les fringants Lovecops tout occupés à régler le son de leur batterie. Le volume général est bloqué sur max alors on émigre vers la petite salle de restaurant attenante. Sans amélioration notable. On gueule pour se faire entendre et vu que ces bâtards ont pris le soin de me placer un poil à l'écart, je renonce à me faire comprendre. Les Lovecops prennent leur temps et Bo menace plusieurs fois de leur casser la gueule sans aucun effet. Finalement ça démarre avec 2 plombes de retard, on nous prévient gentiment qu'il va falloir se magner le cul, rapport à la clientèle qui vient pour dîner et à qui faudrait pas trop casser les couilles des oreilles. Dr Vince a beau nous faire le coup des bas médiums qui chuintent, c'est vite plié. Entre temps j'ai pu disserter avec un quatuor de donzelles venues tout exprès de Rouen pour voir le Bo en vrai, estimer le potentiel de la bête. Elles organisent le Festival Les Pluriels et aimeraient bien y coller un peu de plastic music. Je fais l'important, genre busy-busy et Theunis vient me casser mon plan en débitant des conneries. Accessoirement il m'apprend que Julien a annoncé le concert ce midi dans Radio + sur Canal. Bon ben c'est pas cher payé pour son lobbying échevelé mais je vais pas faire la fine bouche et je fais semblant de rire à ses vannes. Ça a l'air de lui faire plaisir vu qu'il me lâche plus la grappe. J'suis vraiment trop sympa, appelle moi Grand Master Connard. Je réussi ma sortie en allant bouffer.
Arrivé à la table je découvre que les Boboys ont bien joué leur coup. C'est blindé et à ma place, tel le Jésus de la Cène, trône Mister Simonax. Je susurre salopard à l'oreille de Judas qui me promet de m'embrasser plus tard. Je refuse, je connais l'histoire. Je finis par atterrir à coté de Xavier L. responsable de la venue de Bo à La Médiathèque de Taverny en mars prochain. Il va y exécuter une série de master class sur la musique électronique et donnera un concert dans le cadre du festival Patchwork. Bien, bien. Ça vaut le coup de lui faire un peu de lèche alors je supporte sa conversation. On évoque quelques connaissances communes, il me bassine avec ses derniers coups de cœur littéraires, j'opine au p'tit bonheur, appelle moi enculé, j'en ai rien à branler.
Heureusement le concert commence, la salle est bondée, le miracle de Canal ? Bo a bien compris qu'on était pas à Guignol, mais dans un putain de concert alors il envoie, il engrène, la salle kiffe, s'agite, c'est net, c'est carré, "généreux" me glissera le Dag en aparté à la fin du set. J'aperçois Julien Ribot, tente de dénicher ma Benz sans le connaître, croise lepetitfakir et Dario juché l'un sur l'autre. Et puis trop de monde, pas question de bouger, je me prends Plastic Gangsta façon motherfucker dans la gueule. L'habituel abruti, le type qui nous suit partout, réclame du rock, tu vas être servi l'ami, Bo balance Yokohama, se la tape solo à la guitare, envoie Mary P. version disco-électro. Ça bouge, ça lève les bras, ça gueule, ça danse sur Pom Pom Girls. Et puis rappel, Singing In The Rain pour finir, public en délire. Je suis tout sucre et miel, j'embrasse tout ceux qui passent à ma portée. Bon ben on peut penser à picoler. Fin des hostilités.
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