Evil Dead

Publié le par Olaf Boldeche

Lendemains qui déchantent, cuite méchante, putain tu piques me lâche Mademoiselle au petit matin. Heureusement que j'ai eu la présence d'esprit d'émigrer vite fait vers la salle de bain, j'ai un goût effroyable dans la bouche, haleine de chacal, mais non, plutôt comme si j'avais roulé une pelle à une hyène. J'aurai pas du m'écrouler devant Histoires Naturelles. Surprise dans le miroir, mon reflet a disparu, à la place un cadavre me dévisage. Je lui souffle dessus, lui crache un glaire, ça s'étale sur la glace, il s'éclate à me mater, il se fout de ma tronche, me fait un doigt, faut pas trop qu'il m'chauffe le zombie, j'vais l'kicker, faire valser sa carcasse putride, lui faire bouffer ses entrailles fétides.
 
Oula ! Il s'agite l'animal, il grimace, il s'énerve, faut savoir la jouer fine avec un démon des Enfers, j'suis pas Buffy, moi c'est plus chimpanzé que chippendale, donc j'fais comme si de rien n'était, me passe la tête sous le robinet, douche salvatrice, rédemption, mais non. Je relève la tête, le guignol a disparu, y a juste ma trogne de singe qui me fait la gueule, les yeux bien enfoncés sous les arcades et les paupières gonflées, encore une semaine et j'vais pouvoir postuler pour jouer le gorille avec Sigourney  Weaver. J'lui fait un clin d'oeil, faut être sympa avec les alcoolos, pas de réaction, pas rigolo, doit pas connaître le langage des signes l'abruti.
 
J'l'appelle connard, lui fait s'laver les dents, l'oblige à se mettre du déo sous les bras, il moufte pas. J'en profite, j'en rajoute, lui fait lisser ses épis, bien, la moquette est impec mais non, j'renonce au gel, j'lui claque deux point noirs, lui laisse mûrir le bouton sur le coin du nez, c'est décoratif, faudra pas avoir trop l'air en bonne santé, question de standing. Je le félicite, lui dit bravo pour sa coopération, merci pour tout, lui claque une bise sur la joue et Mademoiselle m'intime de m'la fermer, y en à qui dorment ici.
 
J'lui explique que c'est presque fini, c'est rien, j'dois juste briefer mon alter-ego, lui filer la pêche pour le boulot. Je crois que j'ai sauvé la face mais non.
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O
Vraiment pas.
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