Les Petites Femmes De Pigalle
Ce soir, j'ai laissé tomber le russe et le bizness, direction Simonax's apartment, rien dans les poches, tout dans les pognes, une bouteille de Pouilly-Fumé d'un coté, Mademoiselle de l'autre, j'suis paré. Métro Pigalle, le début de la transhumance touristique nous contraint à louvoyer entre d'immenses Norvégiens et de rondouillards Teutons calés en rang d'oignon autour de la fontaine. En bas de l'immeuble, l'inamovible hôtesse, mini bleue électrique, brushing choucrouté façon 80's, ses plus belles années. J'écrase une pensée pour Serge Lama, pas question de se laisser distraire, j'suis parigot, rien à foutre du folklore, mon Paname c'est Belleville et Stalingrad, pas une vitrine ripolinée pour touristes énamourés, le mec la baguette dans le béret, ça me barbe, j'lui claque mon pied au cul, il moufte pas, il calte.A l'intérieur c'est hype et happy, une vingtaine de personnes, j'embrasse Golden Bab, papote saoulerie et barbecue avec De Grütt, remercie Monsieur Dupont d'avoir oublié son accordéon. Om mange, on picole, on discute, j'apprends que la maîtresse de maison répond au doux sobriquet de "Cake", elle le supporte bien. Simonax veut se battre avec moi au gin-tonic, j'décline la proposition, pas question d'humilier mon hôte, question d'éthique, la victoire lui fera du bien. J'goûte un Grave, m'enfile un Gaillac, m'égare sur un Rosé, fait l'impasse sur le Montbazzillac, et puis non, le medley de la vinasse faut l'assumer jusqu'au bout. Bo fait son petit kakou des familles, on le présente comme le nouvel espoir de la chanson française, coincé entre Kyo et Katerine, il prend le melon, il s'appelle Ko, ça lui va bien. A minuit, il me roule une pelle pour me souhaiter un bon anniversaire, c'est sympa de sa part, j'en attendais pas tant, je mens lamentablement à Cake en avouant 25 ans et Monsieur Dupont me punira en m'offrant des bananes toutes la soirée.
Bo s'improvise DJ, il sait pourtant qu'il ne doit s'y mettre, tout le monde se tire," L.A. Woman" tu m'étonnes ! Réunis en petit comité, Cake rassemble souvenirs défaillants et élocution vacillante pour bitcher sur ses amis les célébrités. J'apprends qu'elle a couché dans la même chambre que Daho, mais lui pas avec elle, mangé avec Chamfort et Lio, mais on se saura pas s'ils se tenaient bien à table et qu'elle a bien connu le producteur ou le manager d'Obispo mais là, j''ai pas bien saisi, j'avais un peu décroché, l'addition du gin et de la liqueur de gingembre, mauvaise compilation.
On nous propose un plan incroyable pour finir la soirée, un dernier verre "Aux Noctambules" pour écouter Pierre Carré. On nous promet moumoute et dentier, un truc à ne pas rater, à deux pas, de l'autre coté de la place. Banane gominée, costard rouge vermillon, Pierre Carré enchaîne les chansonnettes devant cinquante personnes bien pintées. Ça chante, ça danse, ça gueule O.M., ça répond P.S.G. Finalement, je finis la soirée comme je l'avais commencé, dans le chromo suranné, mais là j'suis au fond d'un rade, une bière à la main, bien parti pour bloquer jusqu'à demain.
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