Bo Live au Zèbre de Belleville : ça sent l'écurie.
J'en reviens. Toi aussi ? Respect mecton. A peine rentré, te v'la déjà sur le Boblog TM pour vérifier si t'as bien vécu la même soirée. Tu dois être du genre à acheter l'Equipe pour lire le compte–rendu du match que t'a maté la veille. Non ?
J'arrive en pleine balance, j'ai prétexté une tonne de boulot pour arriver en retard, les Boboys ont gobé, c'est toujours ça de gagné. C'est pas que j'pense que j'vais me faire chier, mais j'ai des doutes sur notre capacité à remplir le Zèbre, j'ai peur du public unique, le poteau planté au milieu de la salle, dégoûté d'avoir payé sa place. J'ai beau avoir une liste d'invités longue comme le bras, pas sur que les pros se déplacent un lundi soir. Et le quidam lambda a surement mieux à faire, genre se mater la coupe du monde, Ghana-Italie comme affiche, difficile marquer les esprits. Bref comme d'habitude, j'ai l'angoisse qui me noue les tripes, je devrais pas, j'vais pas monter sur scène, je souffre du syndrome Fabius, responsable mais pas coupable. Et ça, me découvrir un point commun avec Fabius, ça m'file vraiment la gerbe. J'vais devoir sérieusement me calmer au bar.
A peine entré, me voilà rassuré, l'endroit est minuscule, j'me suis fait baisé par le grand-angle, la jauge annonce 200, surement en comptant les cuisines et les loges, encore des mecs qu'ont truandé la commission de sécurité. Coup de bol, on vise pas la niche pompiers, j'laisse ça à Pascal N. et au Stade Français, un jour je te révélerai la face caché du rugby, mais là, j'imagine que t'en a rien à carrer.
Le Petit Dernier ouvre la bal, seul sur scène, avec juste sa gratte et ses dreads. Le public suit gentiment, salue la performance. Il nous parle de sa cuisine et de son pote Alain, j'aime bien. Il joue suffisamment longtemps pour que la salle se remplisse, tout le monde est là, la famille bien sur, et puis plein de mecs et de nanas que je connais pas. Bo a un public ! Youpi ! Comme prévu, le staff caméra est en place, quatre objectifs pour un seul but, réaliser une vidéo du concert. Cerise sur le gâteau, France de "Frasque", l'émission Bo-friendly, a positionné son équipe, y a plus qu'à commencer.
Nouvelle entrée pour les Boboys, le rituel des bises, le musicien aime se toucher, faut pas l'empêcher, ça lui permet de se rassurer, le doudou des bébés. Le Bo Baby lance Mister Pick Up, enchaîne Pop Muzzak et Cook Family, le tout sans ordi sur scène s'il vous plait ! La salle est pleine, le public chantonne du bout des lèvres (des mecs que je connais pas !) (en fait c'est plutôt des minettes, j'suis pas très observateur). Pas le temps de respirer, Pom Pom Girls, Shalala et Vegetable dans la foulée. Et puis nouvelle compo, Dada Klub. PZ me confie qu'il adore, j'opine, rien à dire, c'est carré, bien léché, ce deuxième album va tout déchirer.
La Bo team enchaîne les titres, de Bollywood à Yokohama, joyeux voyage. Inspiré par l'image, Bo déambule dans la salle, la grâce du Nady, et finit par s'assommer sur un bout de façade bien calé en hauteur. Il arbore un magnifique œuf de pigeon sur le front. Plus tard on imagine déjà l'accroche de "Frasque", Les Crétins du Rock, avec une boucle de Bo se cognant à l'enceinte. Un nouveau style, le Head-slapping.
Plus tard, il y aura le rappel syndical, Singing In The Rain pour finir. Et puis, surprise, spontanéité du public, j'te jure que je l'ai pas payé, même pas participé à la claque, nouveau rappel enthousiaste. Bo seul sur scène, Joséphine pour boucler la boucle, plein d'émotion, ça va être bon pour l'émission.
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