Intro
Pour calmer les angoisses, j'ai fait un peu d'administratif aujourd'hui. S'agit pas que de lui filer à boire, faut aussi donner à manger à la bête, sinon après elle s'énerve, elle grogne, exhibe les crocs et me dévore les entrailles. Vu que je peux me payer le luxe d'élever un pit ou un mini alien, j'ai passé mes nerfs sur la pile de papelards qui menaçait de foutre en l'air ma bibliothèque. Pas que ça me gênerait de voir valdinguer mon lexomil de substitution, hein, mais ça risquerait de niquer ma collection de pavés iconographiques, de romans vite parcourus et autres incunables oubliés. T'inquiètes, j'ai pas viré de bord, j'ai simplement assorti le décor à la myopie, les lunettes tu sais, faut coller à l'image.
Donc, après avoir relu les deux derniers tomes de Daredevil, les premiers Sam & Twich, l'intégrale Gunnm, j'ai bloqué sur Last Order et puis, il a bien fallu m'y mettre, le tas me regardait du coin de l'œil, vaguement désapprobateur. J'ai jamais su résister à la culpabilité, j'm'y suis collé. Bilan, hmm, pas brillant. J'ai toujours pas réglé l'impôt sur les sociétés, putain de producteur, j'crois que le fisc va me défoncer, j'sais pas quand ils vont me retrouver, mais j'vais morfler. Vaut mieux faire le mort, j'ai peut-être une chance de passer entre les gouttes, oups, ça la fait jusqu'ici.
Et puis c'est le lot de toutes les grandes stars de se taper un redressement, hein Florent, ça va constituer une espèce de record, faut appeler l'Guiness, même pas 500 albums et déjà à la rue, comment ça va s'passer pour le deuxième ? Tu vois le désastre, tu mates le massacre ! Laisse tomber le livre des records, alerte plutôt Cauet et consorts, il nous faut des comiques, des rigolos, des spécialistes de l'insolite, des trucs bizarres à mater sur le net, hein. Non ? Tape Olaf Boldeche dans Google tu verras la vidéo où je me pète la gueule en BMX avec un masque que de Scream, tape super star pour m'voir me castagner avec Mimi Mathy, tu vois à quoi j'en suis réduit, va voir looseman, j'dois être en tête de liste.
Encore cinq bons centimètres de conneries du même acabit à me taper, j'crois qu'j'vais lacher l'affaire, plutôt m'faire un café, ou pourquoi pas, m'dégoter un troquet et retrouver ma place, accoudé au bar.
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