Chaque seconde

Publié le par Olaf Boldeche

Qui passe me rappelle que j'ai un mal fou a respecter mes engagements. Pas ma faute, j'suis dépendant des autres pour taffer, si les collègues branlent rien, qu'est ce tu veux qu'j'y fasse. Le Tellene Brother ne rappelle pas, j'ai bien peur qu'il faille le considérer comme décédé. Crise cardiaque ou rupture d'anévrisme, le faire-part ne précisera pas, mais le médecin de l'Organizatsiya trouvera bien une option pour justifier qu'un macchab se balade avec les doigts des deux mains fracassés avec un bloc de ciment au pied. 
 
Puisque je me sens bien parti pour passer la journée à rien foutre qu'à me branler les couilles à rien branler (spécial dédicace à Philippe Lucas), je décide d'honorer une commande de Mister Roberts. Il veut que je jette un coup d'œil à la bio de The Cold Shoulder, vu que qu'il a péniblement réalisé une translation littérale anglais-français. Et malgré ma sympathie pour ce type et sans négliger les rapports contractuels qui nous lient (et ne voyez aucune influence des seconds sur la première, bande de fumistes), je suis bien forcé d'avouer que ça veut à peu près rien dire. Histoire de changer d'ambiance, je descends au troquet. J'y passe l'après-midi, une rencontre Ecosse-Angleterre, ça sent forcément la bière, et là mecton, tu m'connais, je joue à domicile, en terrain conquis. J'ai tous les poteaux du Balto qui m'gueulent à l'oreille, qui s'empoignent par les épaules, ribambelle de foncedés, le p'tit jaune pour le goûter. J'tente de m'isoler, on m'force à porter des toasts stupides, des prétextes à pichtave, alibis pour tiseurs. J'imagine les mineurs au pub, les pintes d'ale alignées sur le comptoir, les types en maillot de Chelsea qui s'préparent pour la baston, le type crado qui bouffe une fish & chips, les collègues de la City qui s'en jettent un vite fait. En face, j'ai les même. Evidemment pas d'esclave du charbon, c'est surtout chômeur et glandeur par ici. Et tu peux toujours t'brosser pour trouver un cadre à chemise.
 
Qu'importe, en quinze minute c'est plié, la bio du siècle, rédigé à la va vite. Pas sur que le texte respecte la vérité, mais t'inquiète, il transpire le réel, hein, l'odeur de bière et d'aisselle, j'meurs d'envie de le lire dans un magazine.
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