Auditions Printemps de Bourges à l'EMB
J'attends le Bo place Stalingrad sur les coups de 14h30. Pour me prouver que je ne suis pas superstitieux j'ai remis mes Air Force blanches, je passe mon temps à regarder les pieds, j'ai l'air surement débile, mais celle là j'les kiffe, et puis deux ans après c'est comme retrouver un amour de jeunesse, un peu d'hésitation et puis le retour des habitudes, un relâchement dans l'attitude, pas question de ressasser les échecs et les pleurs. Si tu tiens à te faire du mal, relis l'aventure des auditions du lundi 6 décembre 2004, version chanson. Ce coup ci le Bo est coté rock, il a de l'overdrive monté en rack, le blouson en cuir teinté de dégueulis, j'apporte mon style, l'indispensable touche ad hoc, le pack de Kro, celui de 36 bouteilles. Dommage que je l'ai éclusé hier, la panoplie sera pas optimale. On retrouve les Boboys du coté du Poisson Barbu, le studio de La Mule. Il a su résister aux pressions de Dr Vince qui voulait le baptiser "Quand est ce qu'on mange". Dégoûté par ce refus, il a aussitôt décidé de se mettre en stand by de Bo pour filer à Amiens avec Dictafone. Rien à foutre, le bassiste n'est pas une denrée rare. J'ai passé commande sur le Net et hop, 48h et quelques répétitions, Fabien se révèle tout aussi efficace. Evidemment il a fallu lui interdire les solos de slap et l'obliger à respecter un minimum les lignes habituelles, mais ça fera l'affaire. Pour l'heure il est au taquet. Il a passé la soirée à lustrer ses frettes. Trop content de jouer avec vous les mecs. Ça va déchirer. Pour l'heure, il s'agit d'arriver dans les temps, rock'n roll, okay, mais pas question de saloper la balance. On charge les instruments et la viande dans la bagnole, direction l'EMB guidé par le GPS. Cette machine est une merde sans nom. On va mettre 3 plombes pour 10 km, se perdre entre St Denis et Gennevilliers. Bo refuse d'admettre qu'il connaît la banlieue Nord comme sa poche, qu'il y est né et y a vécu vingt piges. J'suis de Paris, made in Belleville, une fois franchi le périphérique, j'suis perdu, j'y connais rien, t'imagine la suite. Je l'insulte copieusement, coincé entre la portière et Monsieur Dupont que j'imaginai pas si balaise. Rappelle toi à qui tu causes, j't'ai connu avec des boutons et des chemises rayées, j'peux le prouver. A l'arrivée, Bo réalise qu'il a passé une semaine en résidence l'année dernière à l'EMB avec Philippe du COACH. Tout le monde cherche un flingue mais on est trop serré alors on renonce.
La balance se déroule sans encombre, marrant comme tout va plus vite sans les prescriptions du Dr, hein, pas de trou dans les 400 hertz, comme c'est bizarre. J'ai bien la sensation qu'il y a un poil trop de basse, que le pied a tendance à me faire décoller du sol, mais on me fait comprendre que c'est complètement différent une fois la salle pleine. Yeah ! Rock'n Roll ! 120 db dans les esgourdes, j'vais finir complètement sourd. J'fais le geste du démon à l'ingé son mais il bronche pas, juste un petit regard par en dessous. Doit être nouveau le mec, il connaît pas encore les us et coutumes du milieu. Apres on passe notre temps à manger, Fabien est super content, il tient plus en place et tient à honorer le Dr coté fourchette. J'vais pas le laisser tout seul, du coup, vers 20 h j'me sens un peu ballonné.
Hopper pour digérer. Deux nanas avec guitares au chant, un batteur énergique, un bassiste impavide. Ils démarrent pile à l'heure, pressés d'en finir, ils ont un show à assurer à la Flèche d'or dans la soirée. J'aime bien, les voix sont impeccables, les chansons pleines de poésie et de trouvailles étonnantes, une petite rythmique avec des trousseaux de clefs, la mélodie assurée par le chant doucement posé par-dessus, étonnant. Après j'ai un peu décroché avec Exsonvaldes. Toute la clique vient d'arriver, le Poulpe et Madame (la pieuvre ?), Dag et le Russe, trop content de s'être presque fait reconnaître à l'entrée. Faut dire qu'il devait être le seul type en costard et s'est vu étiqueté pro avec le pass qui va avec au premier regard. Ça lui à flatté l'ego, il m'embrasse et n'arrête pas de me serrer les épaules.
Et puis, le Bo arrive, envoie Mister Pick Up, et j'avais raison, j'ai le blouson qui vole sous l'effet des subs et des infras basses. La moitié du public risque l'infarctus et la descente d'organes, ça doit être pour ça qu'il ne bouge pas. On comprend pas grand chose à la musique, mais on entend bien les samples, c'est déjà ça. Surtout s'il y a des fans de samples dans la salle. Ou des mecs abonnés à Keyboards Recording. Le Bo pète une corde sur Shalala, change de gratte et bisse l'effet sur Bollywood. Il tente de faire comme si de rien n'était, reprend son riff faux, enchaîne avec des couacs dans la voix, pas bon coco, souviens toi de Vegetable à Bourges, le fiasco avait démarré comme ça. La télépathie fonctionne j'en ai la preuve. Le Bo n'insiste pas et attend la fin du morceau et des illusions. Mais, magie du rock'n roll, la troisième gratte tient la route, le son s'améliore, et Yokohama fait tout péter. Les mômes pogottent dans la salle, on dirait qu'ils n'attendaient que ça. Patrick Eudeline beugle révolution et come on, à coté de moi. Quand le Russe le regarde, il a disparu, reste juste un type à Ray Ban bien imbibé. Mary P clôture le mini set, on peut enfin aller voir des bières. Yeah ! Rock'n Roll Rules !!!
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