Koné

Publié le par Olaf Boldeche

Déjà 3 plombes que j'attends l'ascenseur; j'sais pas ce qu'ils foutent dans cet immeuble. A priori, une fois que t'as fini de t'en servir, tu rentres chez toi, non ? Tu squattes pas dedans, t'invites pas tes potes à prendre le thé dans la cabine, j'y pige rien. Là j'ai vu la lumière de la cabine effleurer mon étage, enfin ! Mais non, elle s'arrête l'étage en dessous pour redescendre aussi sec. Déjà 5 minutes que je fixe la tapisserie murale. Je rappuie sur le bouton luminescent, j'espère hâter le processus, comme si je pouvais régler un hypothétique court circuit avec mon fluide énergétique. Dans des moments comme ça, j'vire bouddhiste, convaincu de mon mauvais karma, j'ai du en faire des saloperies pour mériter ça.
 
C'est trop pour moi, j'abandonne, j'vais prendre les escaliers. Et puis, dès que je me suis éloigné, à peine la porte palière entrouverte, j'entends le bruit de l'engin, machine arrière, je me précipite vers la vitre pour voir la cabine dépasser mon étage et se perdre dans les hauteurs. Le bouton d'appel s'est éteint au mauvais moment, comme mes espoirs maintenant. Me voilà en rade au 10e étage, hésitant, j'attends encore ou j'utilise les escaliers ? J'sais plus quoi faire, bloqué devant cette métaphore de ma vie.
 
Je n'arriverai jamais à prendre l'ascenseur.
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O
Sulitzer, mon maitre.
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O
C'est très beau. On dirait du Sulitzer.
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O
J'vais me couper une couille, comme ça pour le fun.
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B
Choisis l'rez de chaussée comme moi et tu verras tu n'auras aucun espoir mais tu t'en brenleras.
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