Savoir faire long

Publié le par Olaf Boldeche

J’’suis naze, au bout du rouleau, à jeter par terre. Pour moi, samedi c’est plutôt doigts de pieds en éventail et dimanche rien faire de la journée. Mais là, coup de fil du challenger vers 11h, j’assure la tête dans mon café. Ça va ? Ben ouais, et toi ? Ça roule ? (notez l’importance de toujours avoir l’air cool). Mon Bo me dit ben ouais ça va, c’est juste que tu vas pouvoir m’aider (à signer un contrat ? à dealer ses droits d’auteurs ? à choisir sa prochaine couleur ?), là j’ai fait mes cartons et je suis un peu dépassé par la hauteur de la pile, tu pourrais venir m’aider à descendre tout ça, j’ai appelé Monsieur Dupont, mais il ne veut rien entendre. Je décide de ne pas m’étendre sur la supposée surdité du batteur le plus Aimable de la capitale et j’obtempère, je serais là dans une heure. (Notez l’importance de toujours avoir l’air servile). J’ai sans doute oublié de vous préciser que Monsieur Bo déménage. Il s’est dégoté un loft dans l’Est parisien, rien de moins, il doit me dissimuler une partie de ses revenus. (Notez l’importance de toujours être à l’affût d’un plan thune). Bref, une fois sur place, je pleure ma mère, la pile fait 3 km de haut, je contemple l’Empire State Building gonflé aux stéroïdes. Evidemment ça prend tout l’après-midi, j’ai beau essayer se suer avec classe, je perds figure humaine, j’ai des auréoles sous les bras. Néanmoins j’affecte un air dégagé, genre j’adore déménager. (Notez l’importance de toujours avoir l’air classe). Le soir on boit des bières, du vin et du champagne. (Ouais, ben, on peut pas toujours être tip-top). Monsieur Dupont, qui pratique le handicap par intérim, se révèle être à la fois un piètre tiseur et le plus mauvais skateur de Paname. Il se rétame méchamment sur le parquet en tentant un back-flip arrière à 360°. On se fout de sa gueule, mais pas trop, faudrait pas que l’animal se fâche, il y a des briques à proximité. Et puis j’me tire tôt, j’ai du boulot demain. Mais avant, je finis mon verre, j’en fume une dernière, j’écoute Bo manger des hot dogs, j’me ressers et finalement je décanille vers 4 heures. Chez moi, un p’tit sky pour finir mon Pete Dexter. Maintenant j’suis bien, mais demain … C’est déjà demain mon pöte ! Il est 7 heures, j’en ai dormi 2, j’suis au volant d’ma caisse direction la campagne, j’vais jouer les cadreurs d’opérette sur un court-métrage underground tourné avec des bouts des ficelles. J’sais pas pourquoi j’ai dit oui, j’ai toujours pas dessaoulé et arrivé dans le bled du tournage c’est pire. Il y a de la brume partout, un enfer. Je propose de changer le scénario et de faire un film de zombie, mais le réalisateur ne veut rien entendre. Trop formaliste ces gens du cinéma. Trop coincé du cul. (Manque d’adaptabilité. (Notez l’importance de toujours bitché sur le premier venu). Evidemment, le brouillard se tire, on tourne quelques séquences, on rencontre des gens du cru, un péquenot quelconque nous informe gentiment et en vrac qu’il est à la recherche des braconniers, qu’il a cru qu’on en était, qu’il a un fusil dans la fourgonnette et qu’il a retrouvé un corps une fois, juste là, dans le champ derrière, alors faut faire attention. C’est sur j’suis encore rébou… Après on tente une ou deux séquences et il se met à pleuvoir des cordes. Génial. Finalement on plie les gaules, pas trop tôt. Retour au bercail, vive mon plumard. Ça fait 2 jours. J’ai toujours pas récupéré. J’ai éteint mon portable, débranché mon fixe, ignoré mes mails, mais rien à faire. Il va me retrouver. Pas moyen de faire le mort avec ce type. Un de ces 4 il va débarquer, salut, on a pas fini, il reste le frigo et le canapé, t’as rien à foutre, tu peux pas m’aider…(Notez l’importance de savoir dire non).
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F
Je crois finalement avoir de la chance d'être à Angers pour le week end ;-o
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